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Un précédent billet de ce blog mettait en doute la faisabilité de l’initiative fiscale du Parti Socialiste Vaudois; je me dois toutefois de revenir sur mes propos, car l’initiative est effectivement lancée. Pour mon étonnement, le PS a réussi à rédiger un seul texte d’initiative annulant les principaux cadeaux que le Conseil d’Etat offrait aux plus riches. Rien que pour ça, le texte mérite d’être signé; cela permettra à la gauche de faire une campagne fiscale commune sur ce sujet, le rendez-vous ayant été manqué l’hiver dernier.
La deuxième partie de l’initiative socialiste propose un autre rabais aux contribuables à faibles revenus, plein de bonnes intentions et de savants calculs. Vous voulez essayer de comprendre? Accrochez-vous, un, deux, trois… Read the rest of this entry »

Photo:Keystone
Félicitations pour votre éditorial dans le 24 Heures d’aujourd’hui: depuis longtemps, aucun rédacteur en chef n’avait eu analyse aussi pénétrante. Interpréter le oui aux baisses d’impôts comme la victoire du bon sens contre le mauvais sens: voilà l’information qu’attendait votre lectorat!
Félicitations aussi pour votre nomination comme conseiller personnel de Pascal Broulis: c’est bien le preuve que notre président du Conseil d’Etat est la neutralité et l’objectivité même. Et salutations à M. Michel Pont: un autre rédacteur en chef du 24 Heures engagé par le Canton, cela vous fera de la compagnie ! Salutations aussi à M. Justin Favrod: le conseiller personnel de Pascal Broulis devient réd’chef à 24 Heures, tandis que vous suivez le chemin inverse. C’est un hasard désopilant!
Félicitations encore pour votre intervention lors de la conférence de presse sur les votations fiscales. Je ne sais plus ce que vous avez demandé à M. Broulis, mais cela devait être plein de bons sens. Pas comme ce journaleux du Courrier, qui a demandé si les baisses d’impôt risquaient de creuser le déficit du Canton en période de crise. Ou qui a évoqué le vote zurichois contre les forfaits fiscaux aux riches étrangers. Je ne me rappelle pas non plus des réponses de M. Broulis, mais elles étaient sans doute pleines de bon sens également.
Félicitations, surtout, pour votre habile mélange entre les casquettes de conseiller politique et de rédacteur en chef. Ce n’est peut-être pas très respectueux de l’éthique de la presse, mais c’est en tout cas fidèle aux habitudes radicales ! Une habitude presque aussi tenace que le culte du bon sens – défini par les radicaux et leurs amis bien entendu…
Le référendum contre la baisse des rentes du deuxième pilier (LPP) est lancé! Pourquoi est-il indispensable? La réponse ci-dessous. Et si vous êtes déjà convaincus/-es, vous pouvez signer ici.
Quand on a une bonne idée, il faut s’y tenir! Profitant du creux médiatique de Nouvel-An, Claude-Alain Voiblet de l’UDC nous ressert un plat qui sent un peu le réchauffé. Cet automne, il avait en effet demandé qu’il n’y ait plus qu’une zone de tarif pour l’assurance-maladie dans tout le Canton de Vaud, souhait appuyé par les autres parti lausannois. Voilà le même tribun de retour avec la même demande, sous forme de pétition cette fois. Et la puissance de la vague de fond laisse songeur: 125 signatures.
On pourrait croire que la démarche était un coup d’épée dans l’eau, mais c’est peut-être plutôt se tirer une balle dans le pied. En effet, la pétition fait réagir les UDC du reste du Canton, qui ne veulent pas augmenter leurs primes pour le bon plaisir des Lausannois/-es. Un parti de droite prônant le “chacun pour soi”: rien, jusque-là, de bien palpitant; mais le 20 Minutes du 30/12/2008 nous offre une déclaration clé:
A Pomy, le conseiller national Jean-Pierre Grin regrette la divergence: «Les revenus dans le Gros-de-Vaud n’atteignent pas ceux de l’arc lémanique.»
En d’autres termes, les primes doivent être différenciées suivant les régions, parce que les revenus sont différents. Il faudrait donc que l’assurance-maladie s’adapte… aux revenus! Toute la gauche applaudira donc cette brillante réflexion, et remercie M. Voiblet pour sa pétition, qui a su apporter un peu de nouveauté à la politique cantonale et aux positions de l’UDC.
Et nous espérons que M. Grin saura aussi relayer ce principe au Conseil National, parce que les primes d’assurance vaudoises ne sont pas forcément en relation avec leurs revenus en comparaison intercantonale…

Les Vaudois/-es vont voter le 8 février prochain sur des baisses fiscales, et la campagne commence bien. Le comité de droite nous a gratifiés d’une campagne d’affichage “Un cadeau pour les familles”, légèrement complétée par mes soins dans l’illustration ci-dessus. Le journal “‘Economie Lausannoise” d’hiver 2008 enchaîne sur le même thème, mais avec un peu moins de talent.
Première faute: mettre l’accent sur les cadeaux aux plus riches et aux sociétés. Les partis de droite avaient pourtant le sens de la formule: ce sont des cadeaux pour nos emplois, pas pour les patrons, voyons!
Deuxième faute, plus grave: parler de la réforme fiscale de 1990. Rappelez-vous: à l’époque, le Canton adopte des cadeaux fiscaux pour 300 millions dans un contexte économique confortable, et se trouve dès l’année suivante dans les chiffres rouges pour plus d’une décennie. Le journal de l’économie lausannoise se veut toutefois rassurant: cette fois-ci, il s’agit seulement de 100 millions de cadeaux (150 millions selon les informations officielles du Canton…). Voilà qui fait toute la différence: on répète les mêmes erreurs, mais en plus petit. Décidément, ce paquet fiscal laisse une désagréable impression de déjà vu, et même Pascal Broulis peine à s’en défendre: En cas d’échec, selon ses déclarations, “il sera très difficile de ficeler un nouveau paquet pour 2010. Non par manque dénergie, mais parce que la marge de manoeuvre sera étroite en raison d’une période économique qui s’annonce troublée.” En d’autres termes: il faut profiter de la prospérité temporaire pour baisser la fiscalité, et cela de manière durable: “Parce que chaque fois qu’on supprime un impôt, il faut être clair, il sera supprimé à tout jamais” – toujours selon Pascal Broulis. Encore merci pour le cadeau…
Craignant un échec en votation le 8 février, le SECO essaie de se montrer rassurant concernant le dumping salarial. Peu habitué à ce genre de préoccupation, le secrétariat fédéral de l’économie met plutôt les pieds dans le plat. Comment juger autrement une déclaration du type:
“D’après le rapport sur la situation actuelle dans le domaine de la location de services, la part de l’emploi représenté en Suisse par cette dernière est passée de 0,7% à 1,9% de 1990 à 2006. [...] La cause principale est vraisemblablement le besoin croissant en main d’oeuvre mobilisable de manière flexible, besoin auquel la location de services répond bien. On n’observe néanmoins pas en Suisse de tendance générale à la mise en place d’emplois à durée déterminée.“
En d’autres termes : le travail temporaire a augmenté de 250%, mais cela n’exprime pas une menace sur les conditions de travail. Selon le même rapport, “ l’introduction de la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE a favorisé la croissance de la location de services à partir de 2002. Les mesures d’accompagnement répondent aux risques qui en découlent pour le marché du travail indigène“. Une estimation déconcertante, sachant qu’une section vaudoise d’UNIA a constaté des infraction lors de 82% de ses contrôles de travailleurs détachés. Le même genre de contrôle a révélé que la moitié des travailleurs “indépendants” de l’UE étaient en fait des employés, pour lesquels les patrons cherchaient à contourner les conventions collectives suisses. De plus, seuls 6% de ces travailleurs étaient contrôlés. Pas vraiment dissuasif pour les employeurs pris en faute, pour qui les sanctions restent modestes. Du coup, j’apprécie moyennement l’affiche au bas de mon immeuble:

Le putsch de Pinochet et la politique suisse d’asile


Le 11 septembre 1973, Pinochet renverse le gouvernement Allende au Chili. Il met à bas l’espoir d’un socialisme démocratique, et expérimente le libéralisme économique sous régime de dictature. Ce basculement se répercute de manière inattendue en Suisse : perçus avec méfiance, les réfugiés chiliens font les frais des premiers essais de durcissement de la politique d’asile, dans l’atmosphère xénophobe de l’initiative Schwarzenbach. Ouvertes récemment, les archives fédérales à ce sujet ont fourni à Maurizio Rossi la matière pour son premier ouvrage, « Solidarité d’En Bas et Raison d’Etat ». Loin d’un ouvrage encyclopédique sur les migrations en Suisse, il illustre tout de même un tournant dans la politique d’asile d’Après-Guerre, et se lit comme un roman. Read the rest of this entry »
Hans-Rudolf Merz Merz, 68 ans demain, revient tout juste au Conseil Fédéral après un quintuple pontage coronarien. Et c’était au tour de Samuel Schmid, bientôt 62 ans, de s’éclipser cette fin de semaine pour une “inflammation aiguë nécrosante de la vésicule biliaire”. Voilà les Conseillers fédéraux qui militent bien malgré eux pour la retraite à 62 ans. Il faut dire que le Conseil Fédéral est composé de 5 sexagénaires, dont les quatre hommes du Conseil Fédéral. Consolation pour Samuel Schmid, après son opération de la vésicule biliaire: il n’est probablement pas le seul à avoir des problèmes de calcul…
Qui a dit que l’administration bernoise était lente? Rolf Zbinden, conseiller communal communiste, a été condamné le 28 novembre pour avoir participé à la manifestation contre Blocher il y a environ un an. Il aurait aussi molesté un policier devant l’ambassade danoise (!), accusation contestée et qui a aussitôt fait l’objet d’un recours. Néanmoins, l’école professionnelle où il est employé l’a licencié le surlendemain. Visiblement, il n’y a pas besoin qu’une condamnation entre en force pour qu’elle justifie un congé.
Avec Halloween, voilà que revient la chasse au sorcière. Si seulement le “danger communiste” pouvait être aussi dynamique que lorsque le maccarthisme faisait rage…

Le secret de polichinelle tombe: les partis de droite sont soutenus par le monde de la finance, et les banques notamment. Un article de 24 Heures de 2006 dévoilait déjà les comptes du Parti Libéral, et montrait les liens financiers entre le parti et les grandes sociétés suisses: 53′000 francs par an de l’UBS, notamment. Grâce au Sonntags Blick de ce dimanche, nous avons aussi une idée des montants en jeu pour l’ensemble des partis: UBS verserait chaque année “entre 100′000 et 500′000 francs” au PDC, “entre 300′000 et 700′000 francs” aux radicaux, “nettement plus d’un million” à l’UDC. Un soutien encombrant pour les partis concernés, surtout au moment d’accorder des fonds publics à l’UBS. Petit tour d’horizon des messages des intéressés.
Double discours de la part de l’UDC: celle-ci est capable d’une part d’approuver les mesures de la Confédération en faveur de l’UBS, une larme à l’oeil: “L’intervention pour le sauvetage de la place financière suisse est malheureusement inévitable“. La faute est naturellement rejetée sur l’étranger, accusé de fausser les marchés par son propre soutien. En même temps, le parti attaque Peter Spuhler, Conseiller National UDC, tendance Widmer-Schlumpf. En l’occurrence, dans le Sonntags-Blick de ce dimanche, Toni Bortoluzzi lui reproche de siéger au conseil d’administration d’UBS: “Avec ce mandat, il incarne l’enchevêtrement de la politique et de l’économie, que l’UDC a toujours combattu”. Il est permis de rire, surtout en lisant à la page suivante le financement reçu par l’UDC de la part d’UBS : “nettement plus d’un demi-million”.
“C’est pas moi et puis les autres le font aussi”: c’est la ligne d’argumentation suivie par le PDC et les radicaux-libéraux dans leurs apparitions sur la RSR. Le PDC se fend donc d’une argumentation sur la légitimité de ce financement, et reproche au PS d’être financé par une autre puissance financière occulte: les syndicats. Pierre Weiss, co-président des libéraux-radicaux, entonne le même air, enjolivant même ses propos de la métaphore de la paille et de la poutre à propos du financement du PS. La poutre lui retombe tout de même dans l’oeil, car le PS, que je sache, ne propose pas de plan de sauvetage des syndicats à 68 milliards…


