Un précédent billet de ce blog mettait en doute la faisabilité de l’initiative fiscale du Parti Socialiste Vaudois; je me dois toutefois de revenir sur mes propos, car l’initiative est effectivement lancée. Pour mon étonnement, le PS a réussi à rédiger un seul texte d’initiative annulant les principaux cadeaux que le Conseil d’Etat offrait aux plus riches. Rien que pour ça, le texte mérite d’être signé; cela permettra à la gauche de faire une campagne fiscale commune sur ce sujet, le rendez-vous ayant été manqué l’hiver dernier.

La deuxième partie de l’initiative socialiste propose un autre rabais aux contribuables à faibles revenus, plein de bonnes intentions et de savants calculs. Vous voulez essayer de comprendre? Accrochez-vous, un, deux, trois…

1. Prenez d’abord les primes d’assurance-maladie de base pour votre ménage, mais limitées au montant de référence pour le subside OCC. Et je refuse de vous dire où trouver ce montant de référence, débrouillez-vous. Si vous recevez un subside, diminuez la prime du montant de ce dernier.

2. Prenez ensuite votre revenu net augmenté des déductions (sic) pour frais de maladie, de handicap et pour don à des institutions d’utilité public. Reprenez ce montant, et ajoutez-y le vingtième de la fortune nette, mais en déduisant au préalable la valeur du logement principal (vous suivez toujours?).

3. Prenez une nouvelle fois le revenu net et tout ce que vous y avez ajouté et déduit; divisez-le par dix.

4. Prenez la prime d’assurance telle que calculée à la fin du point 1; Si elle dépasse le résultat du point 3, faites la différence entre les deux.

5. Cette différence peut ensuite être déduite du montant des impôts que vous devez payer (pour calculer le montant des impôts que vous devez payer, passez me voir après le cours).

Au final, le PS nous propose donc une vaste modification de la loi fiscale, annulant certains des avantages offerts aux grands revenus par le paquet fiscal du Conseil d’Etat, et y ajoutant une déduction novatrice. C’est en gros un nouveau paquet fiscal que nous présentent les roses. Avec, comme d’habitude, l’impossibilité de déficeler les choses. Un problème âprement critiqué par le socialiste Grégoire Junod lors du débat sur le paquet fiscal : Le projet présenté par le Conseil d’Etat au Grand Conseil touche à des aspects très différents de la fiscalité
(entreprises, familles, droits de mutation) qui mériteraient d’être traités séparément.
Le paquet rose des socialistes mérite à cet égard autant les critiques que le paquet bleu présenté par Broulis. Nous assistons de la part du PS à une belle leçon de fiscalité, mais pas de démocratie. Espérons que la population soit plus indulgente que moi au moment des votations.