Le référendum contre la baisse des rentes du deuxième pilier (LPP) est lancé! Pourquoi est-il indispensable? La réponse ci-dessous. Et si vous êtes déjà convaincus/-es, vous pouvez signer ici.

Tout le monde parle de crise mondiale, et les prévisions financières sont de plus en plus pessimistes. Dans le deuxième pilier, le démantèlement dure pourtant depuis 2003. Depuis lors, le taux d’intérêt de l’épargne-vieillesse a diminué presque sans arrêt, pour passer de 4 à 2%. A cotisations égales, le Conseil National a déjà décidé en 2004 de diminuer les rentes de 5.5% (baisse du taux de conversion de 7.2 à 6.8%). Il propose aujourd’hui de les diminuer encore d’autant. Alors que toute notre politique est basée sur des attentes de croissance, les assurances sociales, étrangement, sont basées sur des hypothèses beaucoup plus sombres…

L’argument, c’est l’augmentation de l’espérance de vie – déjà prise en compte en 2003 – et la diminution des rendements : espérer que les investissements rapportent 4.5%, c’est trop. Lorsqu’on sait que certaines caisses assurent sans problème ce rendement, et que les placements du deuxième pilier représentent plus de 600 milliards – un an de PIB de la Suisse – placés sur 10 à 70 ans, on se dit que nos politiciens sont de bien mauvais financiers.

La facture, naturellement, ce sont les assurés qui devront les payer. Pas question de mettre à contribution les employeurs. Pas question non plus de regarder de plus près les comptes des caisses d’assurance, qui mériteraient pourtant plus de curiosité : pour 10 francs de rente, environ 1 franc part dans l’administration des caisses. Les assurés paient cher pour un système pas très performant… En comparaison, l’administration de l’AVS « coûte » seulement 30 centimes pour 10 francs de rente.

Par ailleurs, le système autorise toutes les caisses à baisser leurs prestations, alors que peu d’entre elles connaissent des problèmes de couverture. Le Conseil fédéral, qui demande ces mesures d’économies, s’est par ailleurs réjoui année après année de la bonne santé de ces sympathiques caisses de prévoyance.

NON à une baisse des rentes du deuxième pilier de 5.5% ;

NON à une réforme aux frais des rentiers, sans mettre à contribution les employeurs ni les caisses d’assurance ;

NON à une adaptation des prestations aux caisses les moins performantes, qui permet aux autres de s’enrichir.


Comment fonctionne le 2e pilier ?

1. Les employés paient des cotisations dès qu’ils ont un revenu significatif (environ 1′600 francs par mois), avec une participation égale de l’employeur.

2. Ces cotisations s’accumulent et constituent un capital.

3. Ce capital est augmenté chaque année d’un intérêt (jusqu’en 2003 : 4%, aujourd’hui : 2%).

4. A la retraite, le capital est transformé en rente selon un taux de conversion (jusqu’en 2005 : 7.2% ; 6.4% selon le projet du Conseil National).

Un système pseudo-libéral

Comme dans l’assurance-maladie, les assurances sont privées, mais les assurés sont obligés de s’affilier. Le modèle paraît libéral parce qu’il laisse fonctionner des caisses privées. Néanmoins, les assurés sont forcés de s’affilier, et se trouvent captifs. Plus grave, ce sont les employeurs qui choisissent la caisse qui assure l’employé – alors que c’est bien le salarié qui recevra ensuite la rente. C’est d’autant plus important que les prestations changent nettement d’une caisse à l’autre : il y a notamment une série de caisse privées, orientées vers le profit, et une série de caisses dites « autonomes », visant les meilleures prestations possibles.

L’argument pour tout déléguer au privé, c’est qu’il gérerait mieux son entreprise que l’Etat. Quand on sait que pour 10 francs de prestations, 1 franc par en frais administratifs, on peut honnêtement en douter. Par ailleurs, lorsqu’il s’agit de garantir des retraites parfois dans plus de 50 ans, en gérant une somme supérieure au PIB annuel de la Suisse, le privé a un grand défaut : le manque de garantie financière. Le Conseil fédéral attend donc des placements effectués avec beaucoup de prudence – raison pour laquelle les taux d’intérêt dans le 2e pilier sont si bas. Et comme ces messieurs préfèrent ajouter une ceinture lorsqu’ils portent des bretelles, ils comptent aussi exiger des caisses un taux de couverture supérieur à 100%. Un taux de couverture à 100%, c’est dire que la caisse peut payer à tout moment l’ensemble des prestations auxquelles chaque assuré a droit. Un taux supérieur à 100%, cela veut dire que même si éclate une crise des subprimes et une affaire Madoff, toutes les caisses doivent pouvoir le lendemain verser l’ensemble des prestations à laquelle chaque assuré a droit. Et au surplus, elle doivent effectuer des placements à faible risque exclusivement ! Soumise à de telles conditions, la gestion par le privé n’est plus très performante. Mais ce n’est pas grave, ce sont les assurés qui paient la facture…