
Les Vaudois/-es vont voter le 8 février prochain sur des baisses fiscales, et la campagne commence bien. Le comité de droite nous a gratifiés d’une campagne d’affichage “Un cadeau pour les familles”, légèrement complétée par mes soins dans l’illustration ci-dessus. Le journal “‘Economie Lausannoise” d’hiver 2008 enchaîne sur le même thème, mais avec un peu moins de talent.
Première faute: mettre l’accent sur les cadeaux aux plus riches et aux sociétés. Les partis de droite avaient pourtant le sens de la formule: ce sont des cadeaux pour nos emplois, pas pour les patrons, voyons!
Deuxième faute, plus grave: parler de la réforme fiscale de 1990. Rappelez-vous: à l’époque, le Canton adopte des cadeaux fiscaux pour 300 millions dans un contexte économique confortable, et se trouve dès l’année suivante dans les chiffres rouges pour plus d’une décennie. Le journal de l’économie lausannoise se veut toutefois rassurant: cette fois-ci, il s’agit seulement de 100 millions de cadeaux (150 millions selon les informations officielles du Canton…). Voilà qui fait toute la différence: on répète les mêmes erreurs, mais en plus petit. Décidément, ce paquet fiscal laisse une désagréable impression de déjà vu, et même Pascal Broulis peine à s’en défendre: En cas d’échec, selon ses déclarations, “il sera très difficile de ficeler un nouveau paquet pour 2010. Non par manque dénergie, mais parce que la marge de manoeuvre sera étroite en raison d’une période économique qui s’annonce troublée.” En d’autres termes: il faut profiter de la prospérité temporaire pour baisser la fiscalité, et cela de manière durable: “Parce que chaque fois qu’on supprime un impôt, il faut être clair, il sera supprimé à tout jamais” – toujours selon Pascal Broulis. Encore merci pour le cadeau…

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