Nespresso, c’est le pionnier du café en dosettes, qui grâce à ses machines bon marché, abreuve une bonne partie des ménages. Grâce à ses capsules nettement moins bon marché, il fait aussi saliver le monde économique et affiche une large croissance. Et pour mettre tout le monde d’accord, Nespresso séduit aussi les publicitaires par sa communication sans faute, alliant décontraction et raffinement ostentatoire. Cette image ne va bien sûr pas sans un soupçon d’écologie de bon ton, déjà évoquée dans un article précédent. Il y a néanmoins un peu de sable dans les rouages.
Pour afficher sa volonté écologique, Nespresso a développé le label AAA Sustainable Quality (C), en collaboration avec Rainforest Alliance, dont je ne sais pas grand’chose. Ils doivent tout de même être assez éloignés de Greenpeace, puisqu’ils ont travaillé avec Kraft Foods et Chiquita, et s’en vantent. Si le café paraît donc produit dans des conditions pas trop mauvaises écologiquement et socialement, on ne peut toutefois pas en dire autant des capsules. Question recyclage de l’alu, Nespresso a beau se vanter que “recycler l’alu représente un gain d’énergie jusqu’à 95% par rapport à l’aluminium de première fusion“, il serait peut-être plus économique de ne pas utiliser d’aluminium du tout. Et si “dès le début, Nespresso s’est engagé à respecter l’environnement en créant son propre système de collecte et de recyclage des capsules usagées”, c’est aussi un peu parce que les usines de recyclage ne voulaient pas de cet aluminium recouvert de peinture d’un côté, rempli de marc de café de l’autre. Et ledit système de recyclage n’existe pas dans la plupart des pays. En Suisse, Igora (la société de recyclage fondée par les industriels de l’alu) se réjouit qu’aujourd’hui, plus de 54% des capsules Nespresso vendues sont recyclées. Il n’empêche que quelques pages plus loin, on apprend que pour les canettes, ce chiffre atteint 90%, depuis une dizaine d’années déjà.
Sur le plan de l’emploi, la CGT française se plaint des bas salaires de Nespresso, des primes annuelles aléatoires, des objectifs personnels écrasants. Et elle se fend d’un site largement documenté: les dessous de Nespresso.
Comme déjà dit, Nespresso attache beaucoup d’attention à son image, et cela rend d’autant plus efficace la présentation de l’envers du décor…
P.S.: merci au blog d’Aline Testuz, qui cachait dans un coin l’adresse du site sur Nespresso de la CGT

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