Le titre du blog promettait un mélange de musique et de politique, et finalement, il n’y a presque plus que de la politique… Alors, pour faire un passage en douceur, voilà encore une petite vidéo:

La transition étant faite, nous pouvons passer à la musique turque, parce qu’il y a pas mal de choses intéressantes qui s’y passent:

- Il y a les Archives de la Musique Turque, publiées (en deux volumes) par Ocora. Les enregistrements datent des années 1904 à 1935, ce qui fait qu’il chevauchent l’arrivée d’Atatürk au pouvoir et l’établissement de l’Etat national(iste) turc. Le fait le plus impressionnant pour moi est de voir le mélange culturel qu’il y avait dans cet Empire Ottoman évoluant vers la Turquie: des ouvrages de musique ottomane étaient publiés en français par des baronnes aux noms exotiques, des Grecs, des Arméniens, des Kurdes et des Turcs se côtoient sur les enregistrements, avant de devoir quitter le pays sous les menaces de l’Etat turc…

- Il y a Sezen Aksu, chanteuse qui s’est illustrée comme figure marquante des débuts de la pop turque, dans les années 70. Elle continue à faire des disques avec un succès qui ne se dément pas. Encore une preuve par l’image

- il y a des kurdes engagés, les plus connus (de moi) étant Ahmet Kaya et Sivan Perwer, tous deux expatriés en Europe. Ahmet Kaya est décédé il y a quelques années, mais Sivan Perwer est à ma connaissance toujours de ce monde. On les trouve même sur youtube:

- il y a aussi un joli label qui propose des groupes métissant les traditions musicales turques avec les musiques actuelles, et qui s’appelle doublemoon. Il y a aussi une très jolie compilation, confectionnée par une DJ turque en Allemagne avec un nom impossible pour les francophones: DJ Ipek Ipekçioglu… Et pour ceux qui en redemandent, il y un documentaire où le bassiste des Einstürzende Neubauten (un allemand, vous vous en doutez…) présente quelques groupes d’Istanbul: Crossing The Bridge. Le réalisateur, Fatih Akin, a l’air aussi connu, mais pas de moi…

Le consolant, dans toute cette histoire, c’est que la diversité de la musique turque a l’air d’avoir bien résisté au nationalisme d’Atatürk…